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Actualités Mai-Juin 2013

X-47B : un drone entre dans l’histoire

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Le X-47B est le premier drone conçu pour fonctionner à partir d’un porte-avions, ce qui lui permet d’être utilisé partout dans le monde sans avoir besoin de l’autorisation d’autres pays pour décoller. Une autre grande différence avec ses prédécesseurs est qu’il n’a pas besoin d’être télécommandé. Son objectif est fixé par un opérateur humain, puis son intelligence artificielle détermine la trajectoire, en utilisant des technologies telles que le GPS, le pilote automatique et les capteurs anticollision. Les critiques ont mis en garde contre l’introduction d’une telle IA, qui serait une étape vers le développement de robots « tueurs » autonomes. X-47B n’est pas destiné à une utilisation opérationnelle. L’armée l’utilise pour élaborer son programme de drones. On ne sait pas encore s’il sera en mesure d’ouvrir le feu sans autorisation explicite de son contrôleur. L’université de Cambridge a ouvert un centre où des universitaires vont étudier la menace potentielle que des robots hors de contrôle pourraient poser à l’humanité.

La fin du travail pour 2045 ?

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Moshe Vardi, professeur à l’Université Rice, estime que d’ici 2045 les machines dotée d’intelligence artificielle seront capables de «réaliser une fraction très importante du travail humain. » Il considère l’accélération du progrès : il y a 15 ans, Deep Blue battait Kasparov aux échecs, aujourd’hui, les voitures sont autonomes et Watson gagne à Jeopardy. Il estime raisonnable de penser que les machines intelligentes remplaceront presque totalement les ouvriers humains et seront la cause de millions de sans emploi. A la suite de Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee et de leur livre « Race Against the Machine », Vardi pense que nous approchons d’une singularité économique, après laquelle le marché du travail changera radicalement. Les transitions précédentes ont remplacé certains emplois par d’autres, et le résultat à long terme sur le niveau de vie a été largement positif. L’avenir sera au travail créatif. Les nouvelles technologies rendront l’apprentissage plus rapide et plus spécialisé, c’est-à-dire plus adapté à cette nouvelle forme d’économie.

Estomad : un projet qui n’en manque pas

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Les entreprises recherchent l’efficacité énergétique dans la conception de nouveaux produits. Le projet ESTOMAD («Energy Software Tools for Sustainable Machine Design»), du centre de technologie de Flandre, recherche une méthode de conception basée sur la performance et la capacité, plutôt que sur le rendement énergétique. Le but du projet est de développer une méthodologie et des outils pour modéliser, simuler, analyser et optimiser les flux et pertes d’énergie des machines. Les chercheurs ont fabriqué un robot de badminton pour avoir un démonstrateur convaincant, attirant les regards. En l’observant, ils ont découvert que la consommation des machines peut baisser au moyen de modifications ponctuelles, tels que le remplacement des moteurs et l’ont réduite de 50%. Grâce à ces nouveaux modèles, les machines économiseraient 30% de durée de vie.Un des partenaires du projet est Picanol, constructeur de machines à tisser. La société a réduit la consommation de ses machines de 15% en utilisant le logiciel ESTOMAD.

Plus fort qu’Internet : Matternet

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Des essais de vol de drones ont lieu en Haïti. Ces drones appartiennent au projet Matternet. Internet transporte l’information et Matternet, la matière. Ils transportent les produits essentiels dans des villages isolés. Le processus de sortie de la pauvreté est souvent bloqué par le manque d’accès aux biens et services de base du fait de l’absence de routes. Et en construire coûte cher. Les drones sont peu coûteux, faciles à construire, et autonomes. Mais un drone seul ne suffit pas. Il ne peut soulever de fortes charges et n’a qu’une portée de 10 km. D’où l’idée du réseau Matternet :

– des drones capables de transporter quelques kilos jusqu’à 10 kilomètres.

– un réseau de stations de recharge à énergie solaire où les drones échangent leur batterie.

– un système d’exploitation pour gérer le réseau et échanger les informations avec les autorités de l’aviation.

La seule raison pouvant freiner le projet est politique : il faut établir avant sa mise en œuvre une législation sur l’usage du drone.

La FDA autorise un nouveau type d’assistant

De nombreuses entreprises développent des robots de télémédecine qui permettent aux médecins de suivre des patients d’un continent à l’autre mais peuvent aussi offrir des conseils en puisant dans des volumes de recherche médicale. La FDA a approuvé la plate-forme de téléprésence RP-Vita, développée par iRobot et InTouch Health. Sept hôpitaux en Amérique du Nord l’ont engagé. La plate-forme sera utilisée pour visiter les victimes d’accidents nécessitant un diagnostique rapide, comme les accidents vasculaires cérébraux et situées dans des hôpitaux éloignés. A partir d’un iPad, un médecin peut diriger le robot. Trente capteurs permettent à ce dernier de naviguer dans les couloirs. Une fois avec le patient, l’interface permet au médecin de dialiguer avec lui comme s’ils étaient dans la même pièce. Le médecin peut même vérifier la dilatation des pupilles. RP-VITA peut aussi accomplir des tâches administratives au moment de la sortie de l’hôpital.

La fin des « week-end IKEA » ?

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Des chercheurs du MIT ont fait une démonstration avec deux robots KUKA youBots qui assemblent une table IKEA Lack. Les robots n’utilisent pas les instructions, mais des fichiers qui décrivent les pièces avec lesquelles ils doivent travailler et un système de raisonnement géométrique qui les aide à déterminer où va chaque pièce. Ils sont entièrement autonomes et se partagent le travail. Le MIT a également créé une pince innovante, le Gripper Torq. Elle utilise deux roues contra-rotatifs reliées par des bandes de caoutchouc pour adhérer à à peu près n’importe quelle forme pour la faire pivoter. Le bras robotique de la Station spatiale internationale utilise un système de préhension similaire.

Quand le couple de robots a fini, ils travaillent pour tourner la table dans le bon sens. Temps d’assemblage : 10 minutes. L’équipe du MIT veut généraliser la collaboration pour que des robots puissent assembler toutes sortes de meubles.

Un bras robotisé pour une précision centimétrique

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Un bras robotisé australien calibrera les antennes utilisées pour suivre les satellites dans les systèmes de navigation GPS, Galileo, Compass ou Glonass. De nombreuses industries bénéficieront de la précision centimètrique : communications téléphoniques, prévision des tremblements de terre, surveillance des tsunamis, extraction des minerais et même les évitements d’accident. L’installation à 1 M $ s’inscrit dans le cadre du Système d’observation géophysique australien. Ce dispositif robotique d’étalonnage de l’antenne du Geoscience Australia étant un des trois seuls au monde. Le but immédiat de cette technologie est d’améliorer le suivi des mouvements infimes de la croûte terrestre. Avant un séisme, la croûte se déforme. Avec le calibrage actuel des antennes, pour mesurer la déformation de la croûte, il faudrait l’observer sur des décennies. Avec l’amélioration des étalonnages, le temps d’observation pourra être réduit à moins de 5 ans.

Le robot-chirurgien gagne son procès

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Un jury de l’État de Washington a innocenté l’entreprise Intuitive Surgical au terme d’un procès à 8 M de $, réclamés par la famille de Fred Taylor. Celui-ci avait 67 ans quand il a subi une opération de la prostate à l’aide du robot chirurgical da Vinci. Il est mort l’année dernière. La poursuite a été déposée en 2009, au motif que l’entreprise n’aurait pas formé correctement le médecin qui a effectué l’opération. Ce dernier avait commencé par utiliser le robot sans surveillance. Des complications ont surgi, qui l’ont incité à détacher le système et terminer sans lui. L’accusation prétendait que Taylor avait subi un certain nombre de problèmes médicaux à la suite de la chirurgie et que Intuitive Surgical était responsable de négligence. L’entreprise a soutenu qu’elle n’était pas responsable des actes du chirurgien, et a souligné que les utilisateurs de da Vinci sont avertis de ne pas l’utiliser sur les patients obèses comme Taylor. Ses arguments ont été retenus par le jury.

Les agriculteurs aériens

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Les drones bénéficient aux exploitations agricoles : les petites peuvent économiser de l’argent et des ressources grâce à une plus grande précision, les grandes peuvent cartographier et caractériser la santé des cultures et le rendement de vastes zones. Le CropCam est un planeur équipé d’un appareil photo numérique. Il réalise des photos aériennes à des fins agricoles, sylvicoles ou environnementales. ARB100-B AirRobot est utilisé en France pour la topographie agricole. Plus de 2400 hélicoptères autonomes Yamaha RMAX sont à l’œuvre au Japon, en Corée du Sud et en Australie (chacun coûte 125000 $). En plus de surveiller, il est équipé d’un pulvérisateur qui disperse les granulés, les céréales et les engrais enrobés et il est assez intelligent pour prévenir les opérateurs lorsque la vitesse est trop élevée pour une diffusion optimale. Jusqu’à six RMAXs peuvent être utilisés en vol coordonné. Un rapport, de l’Association Internationale pour les véhicules Autonomes estime que 90 % du marché des drones sera réalisé par la sécurité publique et l’agriculture.

Bravo à Aviso

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Aviso a reçu les honneurs des Innovation awards 2013 du Salon international des machines agricoles. Il s’agit d’un robot d’alimentation conçu par l’entreprise Bélair. Autonome, la machine se sert dans les silos, peut démêler une botte ronde, pèse, mélange, distribue et répartit à manger dans l’auge, autoguidée par un système de filoguidage au sol en intérieur. Il se déplace également par géolocalisation à l’extérieur des bâtiments. Le robot peut lever un bol mélangeur (2,5 m3) ou en être désolidarisé pour être utilisé comme chariot élévateur. L’arrivée de robots de ce type est due au fait que les vaches sont plus nombreuses, passent davantage de temps dans la stabulation et que les rations de fourrages sont établies au kilo près. Les agriculteurs s’industrialisent pour produire le lait au moindre coût. L’investissement est lourd (environ 200000 €) mais réduit le besoin de main-d’œuvre. L’éleveur programme le nombre et les compositions des rations. Bélair fabrique toutes ses machines en France mais aucune n’est identique aux autres : le travail se fait au cas par cas.

Un robot avec votre café ?

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Briggo a testé pendant 18 mois à l’Université du Texas son robot barista (barman spécialisé dans les cafés). Il concocte des cafés bios et les clients bénéficient d’une haute technologie : commande à distance ou par écran placé sur le robot, personnalisation et appel lorsque la boisson est prête. L’entreprise voit grand et veut implanter des milliers de kiosques, ces grandes boîtes oranges et blancs. Les clients peuvent aussi payer sur leur ordinateur ou leur téléphone. Ils peuvent créer un compte en ligne où leurs préférences sont enregistrées, afin qu’ils puisse commander leurs boissons préférées. Une tasse de café biologique coûte 1,40 $. La nouvelle version est deux tiers plus petite et a quelques tabourets de bar.

Elle fonctionnera sans pilote, 24/7. Les gens voulaient voir le robot : il y a donc une fenêtre pour observer le fonctionnement interne de la machine. Si une partie ne fonctionne pas, par exemple, le robot envoi une alerte précise au technicien de maintenance. Briggo a levé 9 M $, presque exclusivement d’investisseurs d’Austin.

Des robots au secours du Boeing 777

Ce sont maintenant des robots qui peignent les ailes des Boeing 777. C’est l’un des signes de la progression de Boeing dans l’automatisation de l’assemblage de son plus grand avion de ligne biréacteur, encore construit à la main à 90%. L’automatisation fait partie d’une campagne menée par Boeing pour réduire ses coûts dans sa rivalité avec Airbus et pour se préparer à l’entrée de la Chine dans le marché. «C’est une transition pour la main-d’œuvre, qui évolue vers un rôle technique supérieur, moins manuel. » a déclaré Jason Clark, directeur des opération 777. Les machines ont fait leur preuve, faisant passer l’application d’une couche de peinture de plus de 4 h à 24 minutes. Le contrôle de la peinture a réussi à réduire le poids de la peinture de 35 kg. Les machines ont également réduit le nombre de peintres de 30 à 15, mais sans licenciement, les partants étant transférés à d’autres tâches. Les dirigeants de l’usine ont visité les sites de constructeurs automobiles, dont certains sont automatisés à 90%.

L’article dans son intégralité est paru dans Planète Robot n°23 du 1er Septembre 2013.
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