Actualités Mars-Avril 2013

Ro-Bat : pour comprendre les chauves-souris

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Des scientifiques de l’université Brown aux États-Unis ont créé un robot qui réplique le mouvement de l’aile de la chauve-souris. Baptisé Robat, ce robot leur a permis de découvrir comment les chauves-souris virevoltent dans les airs. Il est composé d’une réplique articulée d’un bras de l’animal et est suffisamment réaliste pour que les chercheurs ait pu arriver à des conclusions grâce à des tests dans un tunnel à vent où le robot reproduisait le mouvement dans des conditions réalistes. Le secret du vol de la chauve-souris : ses ligaments et articulations présents en grand nombre qui permettent à l’animal d’avoir une grande ampleur de mouvement, ainsi que l’élasticité de la membrane qui compose l’aile. Celle-ci rompt jamais même si on l’étire à 400%. Les scientifiques espèrent appliquer les résultats de la recherche au domaine de l’aéronautique.

Hitachi crée son taxi

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Hitachi a dévoilé Ropits, sa voiture autonome pour un seul passager. Il ressemble à un coupé Fisher Price. Ropits signifie Robot Personnel Intelligent Transport System. L’idée est que ces véhicules pourraient équiper une ville et être appelés par l’intermédiaire d’un ordinateur ou d’une borne. Ils ont un GPS pour la navigation, des capteurs de distance laser afin de déterminer les obstacles et un capteur gyroscopique pour garder le cap sur les routes accidentées. Il est également assez petit pour qu’il puisse manoeuvrer à travers les espaces emplis de piétons, sans risque de les fâcher ou de les blesser. Le passager, placé en position semi-assise, doit indiquer sur la carte à écran tactile la destination souhaitée et Ropits fera le reste. Si vous êtes inquiet au sujet des étourdissements s’il zigzague beaucoup, sachez qu’il est équipé d’une «suspension active» qui contrôle chaque roue individuellement pour maintenir le passager confortablement dans cette position inattendue.

Navia, pour naviguer à Lyon

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A l’occasion du l’évènement Lyon City Design, les Lyonnais ont découvert Navia, véhicule autonome de transport publics. Electrique, la navette fonctionne sur batterie. Elle dispose d’une autonomie de 18 heures et a été conçue par l’entreprise Induct. Cette dernière veut la rendre disponible 24/24 h, avec à des recharges aux arrêts grâce à l’induction. Le modèle actuel embarque une dizaine de passagers. On est à la veille d’une révolution importante, la mobilité de demain se réalisera autrement.” selon Gérard Collomb, maire de Lyon. Grâce à ces capteurs et ses caméras, la navette réagit en un dixième de seconde et s’arrête immédiatement en cas de danger. Le guidage laser balait jusqu’à 200 m autour du véhicule. Christophe Cairoli, directeur des opérations d’Induct, est formel : “Un pilote de Formule 1 n’a pas autant de réflexes.” Navia coûte 170 000 euros. Sa vitesse maximale est de 10 km/h. Elle peut servir de moyen de transport écologique dans des espaces restreints.

Ceci est peut-être mon dernier article

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Des chercheurs du Intelligent Systems Informatics Lab de l’Université de Tokyo ont développé un robot journaliste qui explore son environnement en toute autonomie et écrit sur ce qu’il trouve. Le robot détecte des changements dans son environnement, décide s’ils sont pertinents, et prends des photos avec sa caméra embarquée. Il recueille des informations en posant des questions et se sert d’Internet pour parfaire ses connaissances sur le sujet. Si c’est intéressant, il écrit un article et le publie sur le web. Jusqu’à aujourd’hui, les robots journalistes écrivaient en compilant des images et des opinions glanées sur le web. C’est la première fois qu’un robot est sur le terrain et récupère des informations. Il pourrait être envoyé dans des zones jugées trop dangereuses pour les reporters. Un robot associant travail sur le terrain et recherches sur Internet est un pas énorme vers un journalisme factuel sans subjectivité mais saura-t-il faire la différence entre une fiche Wikipedia tronquée et une véritable information ?

Larry, le robot qui vomit

Larry

Larry vomit pour que nous n’ayons pas à le faire. Il a été créé par la microbiologiste Catherine Makison-Booth au laboratoire britannique de l’unité d’hygiène du travail. Les scientifiques espèrent qu’il montrera comment le norovirus, qui provoque des vomissements violents, se propage d’homme à homme. Larry n’est pas plein de vomi humain. Son oesophage est fixé à un cylindre rempli d’eau et de liquide fluorescent. Les scientifiques utilisent une pompe pour propulser le liquide. Après, les scientifique utilisent la lumière ultraviolette pour voir le trajet du liquide par rapport à une grille sur le sol. Le vomi est propulsé jusqu’à 3 mètres! Le norovirus est mauvais. Au Royaume-Uni il y eu plus de 880 000 malades l’année dernière. Et résistant avec cela : une fois sur une surface, il peut causer des problèmes pendant des semaines, et, dans l’eau, pendant des mois. Pour voir Larry : www.youtube.com/watch?v=4B5p495tSC8

Nao, à l’aide des enfants autistes

NAO and autism / Ed Alcock

Un enfant autiste réussit mal les exercices d’attention conjointe, quand un thérapeute l’invite à focaliser son regard sur un objet, par la voix, puis, en cas d’échec, avec le geste. Nao a été utilisé par des chercheurs américains de l’université Vanderbilt. Le robot est placé en face de l’enfant, dont des webcams servent à déterminer la direction du regard. Nao prononce des phrases telles que «regarde là-bas» ou «jouons encore». Ses mots sont associés à des gestes, comme le fait de pointer du doigt une direction. Les chercheurs ont comparé le succès de l’homme à celui de la machine sur des enfants dont la moitié souffre d’autisme. Le groupe témoin manifeste davantage d’attention à l’humain, d’après le temps de regard consacré à son interlocuteur. Mais les deux lots manifestent autant d’intérêt au robot. Les auteurs montrent donc que Nao peut participer aux thérapies, même si les thérapeutes humains adaptent mieux leur comportement au cas rencontré. Les scientifiques continuent leur recherche pour apporter des solutions à d’autres symptômes.

 

Hello, Dr Watson

IBM Watson

La technologie révolutionne les soins de santé. L’ordinateur Watson d’IBM (vainqueur sur l’Homme à Jéopardy) apprend à poser des diagnostiques. Il intègre l’information et fait des recommandations plus rapidement et plus intelligemment que les logiciels actuels. Il traite jusqu’à 60 M de pages en langage naturel par seconde, assiste aux examens de patients et donne un sens à tout cela. Il apprend en interagissant avec les cas réels. Quand il fait un diagnostic, il émet des possibilités avec pour chacune un niveau de confiance. Le Dr Kohn, responsable de l’équipe de formation explique qu’un tiers des erreurs provient d’un diagnostic erroné dû à la tendance naturelle à juger sur peu d’informations. « Peu de médecins sont enclins à utiliser d’énormes quantités d’informations, là où Watson prend une liste énorme d’informations et les trie ». Watson est en formation au Memorial Sloan-Kettering. Pour Ari Caroline, son directeur de l’analyse quantitative, Watson est essentiel dans un domaine comme le traitement du cancer où l’explosion de la connaissance est écrasante.

Robots russes : terre, air et mer

obzor-600

Les ingénieurs russes de l’Institut central de recherche sur la robotique et la cybernétique, crée des systèmes de contrôle pour un groupe de robots de combat. Des robots de petite taille qui peuvent être utilisés pour infiltrer une maison tenue par des terroristes. La Russie crée aussi des robots capables d’accompagner les forces spéciales, des drones (Orlan-10, ZALA-421-016, Aileron-10), des installations de surface et des dragueurs de mines. Les véhicules autonomes sous-marins sont déjà utilisés par l’armée russe. Le Obzor-600, fabriqué par Tetis-PRO est classé comme petit (9 kg) mais il peut descendre jusqu’à 2.000 pieds et atteindre des vitesses allant jusqu’à 3,5 noeuds par heure. Il est équipé de bras manipulateurs pouvant soulever jusqu’à 20 kg, d’un échosondeur qui peut détecter des objets jusqu’à 100 m et d’une caméra vidéo. Les besoins du marché intérieur sont beaucoup plus élevés et attire les exportateurs étrangers. Des spécialistes (russes) espèrent que la Russie prendra 3 à 5 % du marché mondial durant la prochaine décennie.

RQ-Huno : bougez maintenant !

RQ-Huno

RQ-Huno de Robobuilder joue au foot, boxe, danse, avec un réalisme étonnant. Il s’agit d’un robot humanoïde de 19 cm de haut. Mu par 16 servomoteurs, il fait tout cela avec une étonnante rapidité. Il est pilotable par sa télécommande, un smartphone ou une tablette. L’application Robobuilder Tool est compatible avec les appareils fonctionnant sous Android. RQ-Huno est assez endurant puisqu’il peut bouger pendant 60 min avant d’avoir à se recharger. Mais il faut lui consacrer un peu de temps : tournevis en main, il faut 2 heures pour le monter. La version pré-assemblée coûte 80 € de plus. Si vous voulez que RQ-Huno effectue des enchaînements, il faut les lui apprendre. Le fabricant propose des petits fichiers contenant des séquences de mouvements prédéfinies. Vous pouvez­ aussi programmer vos propres séquences depuis le logiciel PC fourni à cet effet. Un petit génie le fait danser comme Psy durant 30 secondes sur la musique du Gangnam Style !

La tête de l’emploi

Zoe

Zoé est une tête parlante virtuelle qui exprime des émotions et peut être utilisée comme assistant numérique ou pour remplacer des textos. L’utilisateur tape son message en choisissant l’émotion et le visage récite le texte avec la voix et l’expression convenant au sentiment. C’est le résultat d’un travail entre les laboratoires de Toshiba Cambridge Research et de l’Université de Cambridge. Le visage est celui de Zoe Lister, une actrice connue sous le nom Zoé Carpenter dans la série Hollyoaks. Le système est utilisable avec la technologie mobile. Il sera aussi possible aux utilisateurs de télécharger leur visage et leur voix. L’équipe travaille avec une école pour enfants autistes et sourds pour aider les élèves à lire les émotions et sur les lèvres. Il est possible de créer des combinaisons émotionnelles, par exemple en jouant sur la vitesse et la profondeur de la voix. L’efficacité du système a été testé avec des volontaires qui ont du identifier l’émotion. Le taux de reconnaissance a été de 77% (plus élevé que celui de la Zoé réelle, qui était de 73%).

A la reconquête de « la compétitivité perdue »

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« La France mise sur la robotisation industrielle pour reconquérir sa compétitivité perdue » a déclaré le ministre du redressement productif, M. Montebourg. « Nous mettons sur la table 100 M d’€ » pour la filière. Un tiers de ce montant sera investi dans la recherche et l’équipement des PME. M. Montebourg veut recourir à des achats publics pour soutenir la filière (10 M d’€) et « propager le goût de la robotique dans le secteur privé ». La Caisse des dépôts et consignation soutiendra le fonds Robolution Capital (15 M d’€). « Notre choix est de placer la France dans les grandes nations mondiales de la robotique à l’horizon 2020. Nous considérons la robotique comme la prochaine frontière de la révolution technologique. Il s’agit de lancer la grande bataille de la robotisation de nos entreprises. Il y a des centaines de milliers d’emplois à créer et j’ai bien l’intention qu’on les crée en France », a-t-il dit, citant l’Allemagne, qui, avec 4 fois plus de robots qu’en France, « créé des emplois, pendant que nous, nous en avons détruit beaucoup ».

More robots in the ground ?

Brennan

Après John Kerry au Département d’État, Chuck Hagel au Pentagone, deux vétérans hostiles aux interventions terrestres extérieures, Obama a nommé John Brennan, «Mr Drone», architecte de la guerre secrète des drones, à la tête de la CIA et relancé le débat sur les dommages les frappes décidées par l’exécutif de façon discrétionnaire et opaque. La principale critique est que, faute de cibles de haut niveau, déjà décimées, la CIA abuse de cet instrument avec des frappes contre des cibles de moindre niveau avec des informations moins fiables, provoquant des dommages collatéraux favorisant les ralliements à Al-Qaïda. Un memorandum « secret » fixe le cadre juridique des frappes ciblant un citoyen américain. L’exécutif conserve le droit de frapper n’importe où dans le monde un citoyen américain si celui-ci est un «leader opérationnel d’Al-Qaïda» dont la capture est «infaisable». Il n’y a pas de contestation du principe de frappes de drones mais le débat est vif sur la possibilité et les modalités d’exécution extrajudiciaire de citoyens américains.

L’article dans son intégralité est paru dans Planète Robot n°22 du 1er Juillet 2013.
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